lundi 4 juillet 2011

Le rapport à l'ordinateur, dominant/dominé

Comme à mon habitude, lors des repas en famille, j'aime parler des sujets qui me touchent qui sont souvent ceux dans lequel je travaille et j'apprends.

Oui, c'était une précision nécessaire car je ne participe jamais aux conversations telles que "Le poulet de Carrefour est meilleur que celui de Lidl", "Ça c'est de la VRAIE choucroute" (problématique intérressante : "Ah bon, parce que avant on mangeait de la fausse ?") ou encore "Les noirs et les arabes, quelle bande de bons à rien" (Merci Papa).

Aussi, vous l'aurez deviné, les discussions sont souvent difficiles pour un tas de raisons puériles voire, dans certains cas, juvéniles.
Lors de mes discussions je me retrouve face à :
  • Mon petit Frère qui, malgré son âge, est resté dans la logique du "Je contredis plutôt que critiquer".
  • Mon Père, ultra-libéral et progressiste fasciné et soumis aux entreprises et nouvelles technologies inutiles (les films en hacheday et trouaday sont un bon exemple, mon père a aussi une obsession pour tout ce qui est petit [clés usb, camescopes, etc...]... je ne ferais pas d'analyse Freudienne là-dessus) qui passe la conversation à tourner mes propos en dérision et à faire des commentaires désobligeants sur mon intelligence ou ma capacité à argumenter car je lui ais vite (comprendre "tôt", lorsque j'étais jeune) montré que j'avais le mental et la culture nécessaire pour le mater.
On notera aussi que mon Père est très doué dans l'argumentation et l'explication des sujets qu'il ne maitrise absolument pas. Cela mène souvent à des discussion intérressantes drôles.
  • Et ma Mère qui, en désespoir de vouloir récupérer mon Père et le faire revenir à la maison (essentiellement pour des questions d'argent) acquiece systématiquement chacuns de ses propos (avec une certaine incohérence, elle est d'accord sur les idées racistes de mon Père mais en désacord lorsque il s'agit de dire du bien de Sarkozy/le parit UMP ; cherchez l'erreur)
À celà, ajoutez le fait que je souffre du syndrôme de "Sois l'ainé et tais toi (parce que tu as tors)" et que quelque soient les multiples confessions que je peux entendre (qui sonnent comme un pardon maintenant que l'informatique est définitivement devenu omniprésent et difficilement déniable), ma passion profonde pour l'informatique a continuellement été pointé du doigt comme une tare, un lourd problème social et une déficience mentale que se soit par mes camarades ou ma famille.
De rares éclairs de politesse, voire de gentillesse se manifestaient étrangement en même temps que les dit détracteurs rencontraient des problèmes avec leurs magnétoscope, ordinateur ou téléphone.

Aussi le sujet d'aujourd'hui est parti de l'équivalence en terme de puissance de calcul des ordinateurs avec le cerveau humain dans un futur plus ou moins proche (peu importe ; et par extention de l'idéologie transhumaniste), pour terminer sur la liberté de l'homme face à l'outil informatique.
Mon Frère n'a pas manqué de monter sur ses grands chevaux. En tant que futur en classe de petits con prétentieux préparatoire littéraire, il est de son devoir de défendre que l'ordinateur, quelque soit sa puissance à supposer que celle ci soit infinie, ne peux en aucun cas reproduire la pensée humaine.
Sachant que 2001, l'odyssée de l'espace est mon film (ainsi que mon LIVRE ! Lisez le LIVRE bordel avant de dire "J'ai compris le film" en se voulant philosphe avec un air de chien constipé) préféré, il se jette avidement dessus en me lançant un "Ce film montre bien que l'ordinateur ne peux pas atteindre le niveau de l'homme" (en d'autres termes, il s'est empressé de défendre le "La science n'explique pas tout" que je trouve n'être que de l'obscurantisme primaire dans un bel emballage). Mon cher frère semble oublier que HAL est doué de pensée (tel que décrit dans le film par le commentateur de l'émission lors de son interview) mais aussi capable d'émotions (lors de sa mise hors service, HAL dit [et vu la circonstance il serait difficile de croire qu'il le prétend] qu'il souffre et qu'il ressent de la peur ; plus tôt aussi, lors de l'interview il précise aimer travailler avec les hommes).

Mon Frère a aussi tenté le simpliste "Oui mer l'ordinatheur il te tu", cependant, sauf erreur de ma part, il me semble que cela avait été commandité. Si tel est le cas, HAL reste bel est bien un ordinateur puisque il est soumis aux ordres d'un homme.

La discussion s'est terminée (?!, comme toujours lorsque je lance une conversation en famille, étant de facto déclaré comme le vaincu, la discussion se termine en status quo ; souvent il m'arrive de penser que si j'arrivais à subtilement prendre la position inverse, ils en feraient de même) et j'ai effectué une transition avec un "Avoir un ordinateur plus intelligent que moi, cela ne me fait pas peur tant que cela reste un ordinateur" (en gros, une machine soumis à son utilisateur servant uniquement à revoyer des résultats pour les problèmes que l'on lui donne ; je me base sur le fonctionnement de La Bombe et Le Colossus) "Ce qui me fait peur en revanche c'est d'avoir un réfrigirateur qui sait exactement ce qu'il me reste à manger et qui me dis même comment préparer mon repas".

Examinons ce que j'ai dis avec un petit peu plus de détail.
Supposons que je possède un tel réfrégirateur, mais que celui ci soit "isolé". C'est à dire que ladite machine ne possède AUCUN autre moyen de communication que via son écran tactile et ses boutons.
Au cas où vous n'auriez pas compris, je fais une double précision : Supposons que le réfrégirateur NE SOIT PAS connecté à INTERNET, et que par conséquent, les informations sont stoquées sur la mémoire interne de la machine et ne peuvent pas en sortir. Je n'y vois aucun problème (si ce n'est que je trouve cela bien compliqué juste pour conserver de la nourriture, c'est vraiment un jouet de riche)
Si par dessus tout on rajoute que je puisse avoir acces à l'intégralité du code source du système de l'appareil et que je puisse le modifier à ma guise, encore mieux ! La dernière restriction vient de sauter !

Mais dans un monde comme le notre, je doute que votre réfrigirateur "intelligent" ne soit pas doté d'un module wifi et encore moins que le système soit ouvert (ou bien soit ouvert mais les sources facilement disponible).
Et c'est bien cela qui me terrorise. Je ne suis pas du tout rassuré par l'idée de devoir utiliser un réfrigirateur qui sait exactement ce qu'il contient et qui puisse potentiellement en informer l'entreprise mère (ou qui sais-je) via internet ; ni même (encore pire) savoir qu'un hacker peut s'amuser à transformer mon réfrigirateur en four crématoire parce que le système sera évidement buggé (le système parfait n'existe pas) et sera évidement non fréquement mis à jour.

Or, selon ma famille, lorsque l'on achète ce produit, l'on est conscient et l'on accepte ces choses là (parfois même avec entrain lorsque l'on est un capitaliste invétérté comme mon Père).
Mais est-ce vraiment le cas ? Est ce que tout le monde sait c'est très à la mode de ficher tout ce que l'on peux et que l'information coûte vraiment très cher.

Deux incohérences de mon époque me sautent aux yeux :
  • Je trouve cela interloquant de voir que, dans un monde où l'on s'épuise à éliminer les spams, les virus, les malwares en général et les informations qu'ils récoltent, l'on collecte des informations à tour de bras sur le plus grand nombre d'individus possible pour "le bien de l'entreprise" (comprendre souvent, "publicité ciblée").
  • Moi qui ait grandi dans les années 90. Moi qui ait vu la difficulté avec laquelle l'informatique pouvait s'installer dans les foyers Français (ou du moins dans mon petit entourage). Moi qui ait subis les railleris de vingtaines ou trentaines de personnes à propos de ma passion. Comment dois-je réagir lorsque que je vois que tout les jeunes de mon âge ont un "téléphone intelligent", que tout le monde marche la tête baissée dans la rue pour regarder son écran, ou encore que si l'on a pas de compte Facebook, la vie sociale en prends un coup.
En 2011, pour avoir une vie sociale, il faut un ordinateur, c'est une necessité.
Sans ordi, plus de YouTube, plus de Facebook, plus de Deezer, plus de Windows Live, plus de GMail, plus de rien.
Essayez de me contredire, et ne choississez pas la facilté en répondant "Oui mais c'est sûr que si tu te coupes du monde" car avant tout cela, on vivait très bien aussi et au même rythme.

Aujourd'hui le pire cauchemar de George Orwell n'est plus "à venir", il est déjà là et tout le monde en est extrêmement heureux. Que vous fassiez "attention" ou non sur Facebook (c'est un exemple), il y a des tas d'informations collectées à votre insu.
N'essayez pas de me faire croire que vous acceptez cela. Vous le comprennez, c'est différent. Je ne connais personne qui aime être réduit à une petite fiche d'informations.

En attendant, oui je suis bel et bien étudiant en informatique. Oui j'aime l'informatique, plus que tout.
Mais je n'aime cela que lorsque cela se comporte comme une extension de mon cerveau, ou bien comme le meilleur jouet jamais inventé (je fais référence à la programmation).
L'informatique de demain, celui où celui qui porte le collier de la laisse, ce n'est plus la machine, mais moi ; Non, cela ne m'intéresse pas.